Économie

Inclusion numérique : la RDC choisie pour expérimenter des smartphones à bas prix

La République démocratique du Congo et le Nigeria font partie d’un groupe restreint de six pays africains sélectionnés pour expérimenter une nouvelle génération de smartphones 4G proposés à un prix particulièrement accessible. L’objectif est d’élargir l’accès à l’internet mobile

La République démocratique du Congo et le Nigeria font partie d’un groupe restreint de six pays africains sélectionnés pour expérimenter une nouvelle génération de smartphones 4G proposés à un prix particulièrement accessible. L’objectif est d’élargir l’accès à l’internet mobile sur le continent en testant, dès 2026, des appareils dont le coût avoisinerait les 40 dollars.

À l’origine de cette initiative se trouve la Global System for Mobile Communications (GSMA), en collaboration avec plusieurs opérateurs africains. Ensemble, ils veulent s’attaquer à l’un des principaux obstacles à l’adoption du numérique en Afrique : le prix élevé des smartphones pour une grande partie de la population.

Le projet s’inscrit dans le cadre de la Handset Affordability Coalition, une alliance pilotée par la GSMA qui rassemble différents acteurs du secteur : opérateurs mobiles, fabricants d’appareils, institutions financières et organisations internationales. Leur ambition commune est de réduire significativement le coût d’accès aux smartphones dans les marchés où celui-ci reste un frein majeur à l’utilisation de l’internet mobile.

Pour passer de l’idée à la réalité, la GSMA a conclu un protocole d’accord avec le G6, un regroupement d’opérateurs africains majeurs, ainsi qu’avec plusieurs fabricants de téléphones. Ce partenariat vise à coordonner les efforts de l’industrie et à faciliter la mise sur le marché, dès 2026, de smartphones 4G à très bas prix dans les pays retenus pour cette phase pilote.

Les bases techniques de ces appareils ont déjà été définies lors du Mobile World Congress organisé à Kigali en 2025. Les spécifications minimales incluent notamment la compatibilité 4G LTE, au moins 2 Go de mémoire vive et 32 Go de stockage. Les modèles devraient également intégrer un écran d’environ six pouces et une batterie proche de 3 000 mAh.

Ces smartphones fonctionneront avec une version optimisée d’Android adaptée aux appareils d’entrée de gamme. L’objectif est de garantir l’accès aux services numériques essentiels : navigation internet, paiements mobiles, plateformes éducatives ou encore solutions d’e-santé, devenues indispensables dans les économies numériques émergentes.

L’initiative bénéficie également du soutien d’institutions internationales telles que le Groupe de la Banque mondiale et l’Union internationale des télécommunications (UIT). Ces organisations participent aux efforts visant à accélérer l’inclusion numérique dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Selon les estimations de la GSMA, environ 3,1 milliards de personnes disposent aujourd’hui d’une couverture mobile mais restent exclues de l’internet mobile, notamment en raison du coût des terminaux.

Cependant, l’industrie doit composer avec un contexte économique plus complexe. La hausse récente du prix mondial des mémoires électroniques, composant essentiel des smartphones, rend plus difficile l’objectif de proposer des appareils entre 30 et 40 dollars. Face à cette contrainte, la GSMA estime que l’implication des pouvoirs publics sera déterminante, notamment à travers la réduction ou la suppression des taxes et droits d’importation appliqués aux smartphones d’entrée de gamme.

Afin de faire le point sur les avancées de cette initiative, les différents acteurs du secteur devraient se retrouver lors du Mobile World Congress de Kigali prévu du 16 au 18 juin 2026. Cette rencontre servira à évaluer les résultats des marchés pilotes et à poursuivre les discussions sur les politiques susceptibles de réduire davantage le prix des smartphones et d’accélérer l’accès à l’internet mobile en Afrique.

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