En cinq ans, Djamo, la fintech ivoiro-sénégalaise a construit un compte bancaire digital utilisé par des milliers de particuliers et d'entreprises. Portée par plus de 31 millions de dollars levés auprès d'investisseurs internationaux, elle affiche désormais l'ambition de s'installer dans tous les pays de la zone franc ouest-africaine.
Fondée en 2020 par Hassan Bourgi et Régis Bamba, Djamo est née d'un constat simple. Les banques traditionnelles restaient lourdes et peu accessibles pour une grande partie de la population, tandis que le mobile money, plus souple, offrait des services limités. L'entreprise a choisi de bâtir un pont entre les deux mondes en proposant un compte bancaire numérique doté des fonctionnalités attendues d'une banque classique, mais accessible depuis un simple smartphone. Implantée en Côte d'Ivoire puis au Sénégal, elle prévoit désormais d'étendre son offre à l'ensemble des pays membres de l'UEMOA.
Au Sénégal, la promesse commerciale tient en quelques éléments concrets. Un IBAN gratuit, aucun frais de tenue de compte, la possibilité de recevoir un salaire ou d'effectuer des virements locaux et internationaux compatibles avec les banques de la sous-région. Dès l'inscription, l'utilisateur reçoit une carte Visa virtuelle, avant de pouvoir commander une carte physique utilisable dans le monde entier.
L'application intègre également un système d'épargne appelé les Poches, des transferts instantanés vers les banques et comptes Mobile Money de la région, ainsi que le paiement de factures auprès de fournisseurs comme Senelec, Woyofal ou la SDE devenue SEN'EAU. Djamo met aussi en avant un accès direct aux marchés financiers de l'UMOA depuis son application, une fonctionnalité qu'elle présente comme inédite sur mobile dans la zone.
L'offre ne s'arrête pas aux particuliers. Les entreprises disposent d'une solution baptisée Djamo Business, pensée pour la gestion de trésorerie, la collecte sécurisée de paiements et l'intégration technique via une API destinée aux systèmes internes des sociétés. Cette double approche, grand public et professionnelle, explique en partie la trajectoire de croissance revendiquée par la fintech depuis son lancement.
Sur le plan économique, Djamo affirme avoir généré près de 1 000 emplois directs et indirects au Sénégal, dont 88 en contrat à durée indéterminée, en s'appuyant sur un réseau de 700 agents déployés sur le territoire. La fintech insiste également sur la lisibilité de sa grille tarifaire, avec une carte virtuelle gratuite et une carte physique facturée 2 000 FCFA, sans frais additionnels annoncés.
Pour financer cette expansion régionale, l'entreprise a levé plus de 31 millions de dollars en capital, complétés par plus de 5 millions de dollars de dette sécurisée. Des fonds venus d'investisseurs internationaux reconnus, parmi lesquels Y Combinator, dont Djamo est la première fintech francophone à avoir intégré le programme, aux côtés de Partech, Enza Capital, Janngo Capital, Oikocredit et Finance in Motion.
Ce niveau de financement place la jeune pousse parmi les fintechs les mieux dotées de la sous-région et devrait accompagner son déploiement progressif dans les autres pays de l'UEMOA.

Par Pistis Kayembe

