Le président du Parlement des étudiants congolais a interpellé publiquement Vodacom sur le sort des «frais de retrait prépayés» lorsqu'un bénéficiaire ne retire pas la totalité de la somme envoyée. Une personne ayant travaillé au sein de l'entreprise a apporté des éclaircissements techniques, sans toutefois clore entièrement le débat. Kinshasa attend désormais une «réponse officielle» de Vodacom RDC.
C'est une question que beaucoup d'usagers de M-Pesa se posent sans jamais oser la formuler publiquement. André Kakubu, lui, l'a fait. Le président du Parlement des étudiants congolais a demandé des comptes à Vodacom RDC, notamment sur un mécanisme qui touche potentiellement des millions d'abonnés du service de «mobile money» le plus utilisé du pays. Sa question tient en une phrase : quand un expéditeur envoie «100 dollars» en prenant en charge les frais de retrait à l'avance, et que le bénéficiaire ne retire finalement que «50 dollars», où passent les frais déjà payés pour la «tranche initiale» ?
Une personne ayant exercé à la Direction Générale de Vodacom sur les dossiers «Mobile Money» a réagi à cette sortie. Selon elle, les frais de transaction, transfert comme retrait, sont calculés par «tranches de montant», chaque palier correspondant à un tarif propre. Lorsqu'un expéditeur choisit de prendre en charge les frais de retrait au moment de l'envoi, ceux-ci sont prélevés selon la tranche correspondant à la somme transférée, dans l'hypothèse où le bénéficiaire retirera l'intégralité «en une seule opération».
Un système par tranches qui pénalise les retraits fractionnés
Le souci survient lorsque ce même bénéficiaire décide de retirer son argent «en plusieurs fois». Chaque «retrait partiel» est alors traité comme une transaction indépendante, avec ses propres frais, prélevés cette fois sur le solde disponible sur le compte. C'est ce mécanisme qui donne l'impression, légitime, de «payer deux fois» pour une seule opération d'envoi. Cette source affirme qu'il s'agit d'une situation bien connue des utilisateurs réguliers, et recommande de retirer la totalité du montant en une seule fois pour l'éviter.
Cette explication a le mérite de clarifier pourquoi un retrait fractionné entraîne de nouveaux frais. Elle ne dit en revanche rien du devenir des frais déjà prélevés à l'expéditeur pour une tranche qui, in fine, n'a pas été utilisée telle quelle. Sont-ils «conservés» par Vodacom sans contrepartie, «reversés» d'une autre manière, ou «perdus» pour l'expéditeur sans justification comptable ? Sur ce point précis, aucune clarification officielle de l'opérateur n'a été communiquée.
Ce type de plainte n'est pas isolé. Des témoignages recueillis ces dernières années par la presse économique locale évoquaient déjà des clients à qui des frais de retrait n'avaient pas été restitués après un remboursement, ou qui dénonçaient des taux jugés «disproportionnés» selon les tranches appliquées. La sortie d'André Kakubu s'inscrit donc dans une préoccupation plus large, celle d'une «pédagogie tarifaire» jugée insuffisante par une partie des abonnés.
Vodacom RDC, qui revendique plusieurs millions d'utilisateurs pour son service M-Pesa, n'a pas encore réagi publiquement au point précis soulevé par le président du Parlement des étudiants congolais. Le silence de l'opérateur sur cette question comptable spécifique laisse pour l'instant le débat ouvert, entre «explication technique plausible» et «zone grise persistante».

Par Pistis Kayembe

