L'Africa Finance Corporation a réalisé une opération inédite sur le marché suisse en levant 350 millions de francs suisses, environ 430 millions de dollars, via une obligation numérique à cinq ans. Une première pour une institution africaine, qui confirme la capacité de l'AFC à diversifier ses sources de financement sur la scène internationale.
L'Africa Finance Corporation, institution spécialisée dans le financement des infrastructures sur le continent, a annoncé ce 12 août avoir mené à bien une émission obligataire d'un genre nouveau. Le titre, coté, négocié et réglé intégralement sur une plateforme numérique réglementée, positionne l'AFC comme le premier émetteur africain à recourir à ce type de mécanisme sur le marché suisse.
Avec un montant de 350 millions de francs suisses, cette opération devient également la plus importante obligation numérique jamais émise dans cette devise sur le marché helvétique. Le coupon a été fixé à 1,4925 %, dans le cadre du programme Global Medium-Term Note de 5 milliards de dollars que déploie l'institution. Cette levée intervient à peine deux mois après une précédente émission de 500 millions de dollars réalisée en juin 2026, un enchaînement qui illustre la facilité avec laquelle l'AFC parvient désormais à mobiliser différents compartiments des marchés financiers internationaux.
Pour Samaila Zubairu, PDG de l'Africa Finance Corporation, cette réussite dépasse la simple question des taux obtenus. \"Cette opération va bien au-delà de l'obtention de conditions de financement compétitives. Elle marque une nouvelle étape importante dans la stratégie de financement de l'AFC et témoigne de la confiance que les investisseurs internationaux continuent d'accorder à notre stratégie, à la solidité de notre crédit et à notre impact en matière de développement\", a-t-il déclaré.
Cette confiance des marchés repose sur des fondations solides. L'institution est notée « A » avec perspective positive par S&P et « A3 » avec perspective stable par Moody's, des notations qui ont largement facilité le placement du titre. Sans surprise, la demande est venue essentiellement de Suisse, les investisseurs locaux ayant représenté environ 90 % du carnet d'ordres, contre seulement 10 % pour les comptes internationaux. Du côté de la répartition par type d'investisseurs, les banques et institutions financières ont concentré 57 % des ordres, devant les gestionnaires d'actifs, à 37 %, et les hedge funds, qui ferment la marche avec 6 %.
Les fonds levés viendront renforcer les capacités générales de financement de l'AFC, notamment pour soutenir des projets d'infrastructures structurants sur le continent. Fondée en 2007, l'institution rassemble aujourd'hui 48 pays membres et revendique plus de 18 milliards de dollars investis en Afrique depuis sa création, dans des secteurs aussi variés que l'énergie, les ressources naturelles, l'industrie lourde, les transports et les télécommunications. Autant de chiffres qui donnent à cette nouvelle émission numérique une portée qui dépasse le simple exercice financier, et qui pourrait bien inspirer d'autres institutions africaines à emprunter la même voie.

Par Pistis Kayembe


