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Ce que la RDC perd à cause de sa réglementation fintech

La RDC pourrait perdre la course de l’innovation fintech si rien ne change. Aujourd’hui, les jeunes pousses financières doivent souvent s’enregistrer comme sociétés locales pour opérer, naviguer dans des cadres juridiques pensés pour la microfinance plutôt que pour la fintech, et

La RDC pourrait perdre la course de l’innovation fintech si rien ne change. Aujourd’hui, les jeunes pousses financières doivent souvent s’enregistrer comme sociétés locales pour opérer, naviguer dans des cadres juridiques pensés pour la microfinance plutôt que pour la fintech, et s’adapter à une régulation éclatée entre institutions sans reconnaissance mutuelle régionale - ce qui ralentit leur développement et étouffe leur potentiel d’échelle.

Le statu quo réglementaire freine l’inclusion financière réelle. Malgré des initiatives pour numériser le secteur (comme l’installation de 10 000 terminaux de paiement électronique pour les microfinances financée par la Banque mondiale), la fragmentation des cadres réglementaires et la faible interopérabilité des systèmes limitent l’accès aux services financiers, surtout dans les zones rurales où plus de 60 % des citoyens n’ont pas d’identification formelle.

La lutte contre le blanchiment et la sécurité dictent trop souvent la règle. Les fintechs en RDC doivent se conformer à des cadres AML/CFT stricts, avec des KYC exigeants et des obligations de surveillance des transactions qui, bien que nécessaires pour la sûreté du système, pèsent lourdement sur les jeunes entreprises innovantes sans les moyens de grosses institutions.

L’Afrique a une chance unique avec la ZLECAf pour aligner les régulateurs. Le modèle européen de « passeport » réglementaire montre qu’une reconnaissance mutuelle peut transformer l’innovation transfrontalière. En RDC, les acteurs commencent à appeler à une interopérabilité totale entre banques, fintechs et institutions pour concrétiser l’inclusion financière promise dans la Stratégie nationale 2023-2028, mais des progrès concrets restent nécessaires.

Sans des réformes structurelles, l’écosystème fintech congolaise restera fragmenté et coûteux. Pour propulser l’innovation, attirer des capitaux, réduire le coût des paiements intra-africains et véritablement intégrer la RDC dans l’économie numérique continentale, il faut des cadres qui permettent aux licences d’opérer au-delà des frontières, des sandboxes réglementaires, et une supervision coordonnée adaptée aux réalités africaines.

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